10 septembre 1962

10 septembre 1962
Eh bien nous y voilà! nous voilà arrivés au fameux bilan...Bilan d'une vie??? Peut-être non, peut-être oui, bilan sûrement...
pour ce faire, mon intime conviction est, de partir du point de départ, du point d'arrivée...Ma naissance.
Un parcours, quelqu'il soit ne peut être guidé sans autre forme de procès que par les méandres et les joies de toute une vie.
je suis donc née un 10 septembre de l'année 1962 (jour illustre pour la suite des évènements), et, après quelques difficultés de santé, un démarrage difficile, et, en outre, de belles frayeurs à mes parents, je suis ainsi devenue par la force des choses, une rescapée de la lente médecine qui tâtonnait à l'époque (vu ses faibles moyens) et ce fut une grande joie pour mes adorés parents. La surprotection fut la suite logique de cette première aventure.

# Posté le mercredi 27 septembre 2006 10:39

Modifié le samedi 30 septembre 2006 16:12

l'enfance

l'enfance
Après ma naissance, mes parents étaient relégués au rang de famille nombreuse puisque j'étais le troisième enfant venu. J'avais déjà 1 frère, né en 1956 et une soeur née en 1960. Nous coulions des jours heureux dans un petit village de Haute-Marne (pour vous le situer, disons qu'il se trouve à 70 km de Colombey les 2 églises [mais si!!! enfin! le général De Gaulle] ou encore à une centaine de km de Châlons en Champagne)petit village dont le nom est Bienville, bien que depuis bien des années après une"union" de communes on doit dire "Eurville-Bienville"mais pour moi il restera toujours BIENVILLE.!
J'ai eu cette chance inouïe et rare aujourd'hui d'avoir dans ce même village mes quatres grands parents (maternels et paternels), je pouvais les voir chaque jour à loisir en me rendant à l'école et je me suis rendue très tardivement compte du bonheur que je tenais à bout de bras.
je voudrais que vous me pardonniez ce fait coutumier de ne jamais passer outre les détails, ils sont pour moi tellement importants, ma vie n'est faite que de détails importants et indispensables qui me permettent d'avancer. Négatifs, positifs, rébarbatifs ou intéressants, peu importe, cela a de l'importance pour moi et il s'agit bien de mon bilan après tout!
Mes années de maternelles se sont passées si vite que je ne crois pas y avoir participé. Le seul souvenir que j'en garde, c'est: être sur le solex de ma maman et de hurler: "je ne veux pas y aller!" du coup, je suis passée directement de l'utérus de ma mère au CP (d'accord le résumé est un peu court!).

# Posté le mercredi 27 septembre 2006 11:00

Modifié le jeudi 28 septembre 2006 05:17

les années primaires

les années primaires
Sans encombre les années primaires, jusqu'au C.M.1 se sont bien déroulées, et puis, ce fut le coup de grâce! un instituteur( de surcroît ami de mes parents) me prend en grippe. POURQUOI???
La question reste encore posée à ce jour et il m'arrive quelquefois de m'interroger à ce sujet par tant de haine et d'injustice! Jamais un bonjour mais une "cacahouette" sur la tête, vous savez ? mais si le poing bien fermé de votre main qui vient frapper le dessus de la tête de celui que vous haïssez! j'ai vécu ça pendant 2 longues années...
pendant 2 longues années je n'avais pas de prénom mais juste un nom de famille (le mien heureusement) qu'il me jetait à la figure alors qu'il appelait tous les autres par leur prénom... les railleries, moqueries et j'en passe... mais le pire de tout cela c'est que tous les ans au moment des grandes vacances et ce pendant 3 longues semaines, nous partions ensemble en vacances, lui, son épouse, mes parents, mes frères et soeurs et moi! pendant 3 longues semaines il continuait à me mener la vie dure sans que personne ne s'aperçoive de rien, dans la plus grande perversité derrière le dos de tout le monde! je demandais grâce à Dieu, mais celui ci avait certainement d'autres chats à fouetter et ne m'entendait pas.
C'est ainsi que de bon élément j'ai été reléguée au rang d'avant dernier, voir dernier de la classe. Je ne faisais plus aucun de mes devoirs, mes leçons n'étaient pas sues et pourtant c'est la peur au ventre que je reprenais le chemin de l'école le lendemain sachant pertinemment que ce serait moi la première interrogée et donc, la première punie.
Des larmes me viennent quand je repense à ce temps où, ce bourreau se disait ami de mes parents et que ceux ci étaient eux même (et je ne les blâme pas) aveuglés.
j'essayais en vain de me faire accepter jusqu'à baisser les bras et ne plus rien faire du tout puisque je n'avais aucune chance de gagner ne serait-ce qu'un peu d'attention positive. Pourquoi aller plus loin? la victoire était connue d'avance d'autant plus que mes parents lui faisaient entièrement confiance. j'étais seule, déjà seule... le pot de fer contre le pot de terre...
Le pire c'est que bien des années plus tard il réïtérait ses méchancetés machiavéliques alors que nous nous retrouvions de nouveau réunis en vacances dans le même camping, j'étais alors mère de famille et ça ne l'a pas arrêté pour autant! des réflexions sarcastiques et inintelligentes sortaient de ce qui lui sert de bouche et que j'appelerai moi fosse septique ! Pauvre misérable personnage!

# Posté le mercredi 27 septembre 2006 11:33

Modifié le jeudi 28 septembre 2006 04:14

l'insoucience....la tristesse...

l'insoucience....la tristesse...
Je le disais tout à l'heure, j'avais la chance d'avoir à mes côtés mes grands parents maternels et paternels dans mon village...je les voyais à loisir et ne m'en privais pas.
Ma grand-mère maternelle nous gâtait du plus qu'elle le pouvait et était présente chaque jour auprès de maman qu'elle aidait dans toutes ses tâches quotidiennes. Elle nous entourait d'AMOUR et de tendresse! nous avions toujours raison et elle nous trouvait toujours des circonstances atténuantes pour chacun de nos méfaits de gamin.
Mamie et pépère venaient chaque dimanche partager notre repas dominical qui se traduisait en repas de fête à chaque fois, le dessert était accompagné de chansons et de rires, nous ne finissions pas un repas sans cela!
En fait pour être tout à fait exact, je me rappelle qu'au tout début de ma toute petite enfance, nous mangions le dimanche chez mes grands parents maternels, et j'entends encore la joyeuse mélodie du marchand de glace qui nous annonçait sa venue, et puis un beau jour, les repas dominicaux se sont déplacés dans la maison familiale quelques centaines de mètres plus loin; Il faut dire qu'après moi est né mon frère en 1964 et ma petite soeur, la dernière en 1970. La petite maison de mes grands parents devenait exigüe et je pense que cette exiguïté y est pour quelquechose.
Ma mamie, comme tu me manques ... tes caresses, tes rires, ton regard, tes calins, ton odeur...te retrouverais-je un jour? Comme c'est vide maintenant sans toi, je me sens si seule quelquefois, tellement abandonnée! et je sais que si tu pouvais me répondre tu me dirais que de là haut tu veilles sur moi et qu'il ne faut pas pleurer, que tout est plus beau là-haut, plus serein, plus rien à voir avec en bas...mais je ne t'entends pas, je ne t'entends pas...!

# Posté le jeudi 28 septembre 2006 03:07

Modifié le lundi 26 novembre 2007 15:25

après le tournant du château.

après le tournant du château.
C'est drôle comme un tout petit village semble immense pour des petites jambes comme j'en avais lorsque j'étais petite et que j'allais dire bonjour à Pépère et Mémère (mes grands parents paternels) qui eux, habitaient à l'autre bout du village, après le tournant du château, tout près de l'école, de la mairie et du bureau de poste. J'allais souvent leur faire un petit coucou en sortant de la classe, mais c'est le jeudi où j'y passais le plus clair de mon temps. Il faut dire que chez pépère et mémère, je faisais ce que je voulais, du moins, ils m'en donnaient l'impression et j'avais plaisir à confectionner des gaufres, à m'essayer au repassage et surtout à jouer aux cartes avec mon grand-père. Et puis lorqu'il m'amenait avec lui au jardin et que je goûtais à chaque fois à l'oseille qui faisait de bonnes soupes selon lui, et que je grimaçais tant c'était acide, j'aimais cet amusement que je lisais dans ses yeux pétillants et rieurs. Avec son pantalon trop grand et bleu sncf, ses bretelles et son "marcel" il avait belle allure mon grand père. Il me racontait des tas de choses et s'amusait à me faire des blagues qui quelquefois ne me faisait pas rire du tout surtout le jour où, je devais avoir 7ans, il m'avait demandé si j'avais bien tiré la chasse d'eau dans les toilettes....ah oui...les toilettes... une cabane au fond du jardin ! pas de chasse d'eau bien entendu....je lui ai répondu "ben non pépère,quelle chasse d'eau?" et c'est là qu'il me dit que j'avais dû la casser et la laisser au fond du trou...je suis partie ce jour là en courant et pleurant rejoindre maman et surtout me gardant bien de tout lui raconter... quelle frayeur! il devait bien rire en attendant!
De ce que je pourrais dire de ma grand mère paternelle c'est que je retiendrais son rire, Dieu qu'elle aimait rire et un rien la faisait s'éclater aux larmes quelquefois même elle devait se cacher pour rire et ne pas vexer les personnes qui sucitaient en elle ce besoin d'exploser, j'ai été témoin de plusieurs scènes rocambolesques et je ne peux ici citer de nom pour ne vexer quiconque, mais de temps en temps il arrivait qu'une personne un peu simplette vienne lui rendre visite. "attends me disait elle... tu vas voir..." elle lui disait "tu veux bien me chanter quelquechose s'il te plait J...?" et paf! c'était parti! la personne en question chantait à tue tête et voilà mémère qui partait s'enfermer dans sa chambre (juste située à côté de la cuisine où nous nous trouvions) et qui ne pouvait plus s'arrêter de rire!! il faut dire que nous avions droit aux paroles et à la mise en scène avec ce drôle de personnage.
Je ne sais pas pourquoi les aimant tant je n'ai pas éprouvé le même chagrin et le même vide que lorsque sont partis pépère et mamie.. je me pose encore la question aujourd'hui, c'est vraiment étonnant, vraiment je n'ai pas la réponse.

# Posté le jeudi 28 septembre 2006 04:31

Modifié le jeudi 06 décembre 2007 00:53