Dès sa venue au monde alors que le médecin me présentait ma petite, j'ai senti sous mes doigts la fragilité personnifiée, j'ai compris, si mon vécu ne me l'avait pas fait comprendre avant, que la vie était fragile, que ça ne tenait à rien.... Ma petite Ninon, si frêle, tu venais te présenter à nous sans conviction, tu serais bien restée lovée dans mon ventre bien au chaud si j'avais eu un peu plus de patience. J'avais vécu ton attente, alitée du début à la fin et je me vois encore suppliant la gynécologue de me déclancher l'accouchement afin de m'en libérer tant je n'en pouvais plus. Mais toi, toi tu en avais décidé autrement, tu ne faisais que dormir, tu buvais à peine à en inquiéter tout ton entourage. Je me souviens de ta Nanou (ma maman) qui était repartie inquiète après une visite et qui ensuite, alors que tout allait bien pour toi me dit qu'elle pensait ne plus te revoir.
Quelles frayeurs tu nous as faites! Mais maintenant que tu vas avoir 12 ans, le 27 décembre, et que tout va bien, j'espère que tu ne m'en veux pas trop au fond de toi de t'avoir tirée de ce sommeil utérin et que l'avenir va nous rapprocher un peu. En ce moment c'est dur toutes les deux, on ne se comprend pas, depuis que tu as 6 ans, tu ne vas pas bien, tu ne t'aimes pas. Tu es persuadée être le vilain petit canard vert alors que tu es si mignone, mais tu fais tout ce qui est en ton pouvoir pour que les autres te rejettent, tu es insolente, tu refuses toute autorité, tu es une rebelle! Mais tu sais que je t'aime, ton attitude me fait souffrir, tes paroles me blessent, mais rien ne m'empêchera de t'aimer.